Bruxelles, le 19 septembre 2026
COMMUNIQUÉ DE DÉNONCIATION
Interpellations, procès-verbaux, saisies de matériel : les militantes et militants de Voie Démocratique Ouvrière sont harcelés pour leur appel au boycott des législatives. L'AMDH Belgique rappelle que cet appel est un droit.
Halte au harcèlement des militantes et militants du parti politique Voie Démocratique Ouvrière: l'appel au boycott est un droit
Depuis l'ouverture de la campagne officielle, le 10 septembre 2026, en vue des élections législatives du 23 septembre, les militantes, militants et responsables du parti Annahj Addimocrati Al Oummali (Voie Démocratique Ouvrière) font l'objet d'une vague de harcèlement en raison de leur appel public au boycott du scrutin. Plusieurs d'entre eux ont été interpellés, conduits dans des commissariats pour y être interrogés avant d'être relâchés, des procès-verbaux ont été dressés à leur encontre et leur matériel ainsi que leurs publications ont été saisis par la force. Le parti a documenté des interdictions d'activités, des provocations et des violences à Casablanca (Bernoussi), Béni Mellal, Khénifra, Salé, Kénitra, Tanger et Al Hoceïma. À ces entraves de terrain s'ajoute l'exclusion de fait du parti des médias publics, pourtant financés par l'argent public et tenus de garantir le pluralisme des opinions, y compris de celles qui contestent le processus électoral.
L'AMDH Belgique rappelle que l'appel pacifique au boycott constitue une position politique au même titre que la participation, et qu'il relève de la liberté d'expression garantie par la Constitution marocaine ainsi que par l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Maroc. L'article 90 du code électoral ne réprime pas l'appel au boycott en tant que tel, mais l'incitation à l'abstention par des manœuvres frauduleuses, lecture confirmée par la justice marocaine, qui avait prononcé en 2009 la relaxe de militants poursuivis pour les mêmes motifs.
L'AMDH Belgique exige en conséquence l'arrêt immédiat de toutes les formes d'intimidation, d'interpellation et de saisie visant les militantes et militants du parti, l'abandon des poursuites et des procès-verbaux engagés à ce titre, la restitution du matériel confisqué, ainsi que la garantie effective du droit du parti à communiquer pacifiquement et publiquement avec la population et à accéder équitablement aux médias publics.