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Place du Luxembourg - Bruxelles, le 27 août 2026

Communiqué de Presse

Non à l’instrumentalisation politique de la question migratoire et des souffrances humaines des personnes migrantes pour justifier des politiques migratoires répressives en Europe et au Maroc.

Rassemblement du 27 août 2026 à 18h30

Nous, organisations, collectifs, associations, citoyennes et citoyens réuni·es aujourd’hui à Bruxelles, dénonçons les politiques migratoires du Maroc, de l’Espagne et de l’Union européenne, fondées sur la fermeture et la militarisation des frontières, la criminalisation de la migration et l’externalisation du contrôle européen.

Le 24 juin 2022, à Melilla, au moins 27 personnes ont perdu la vie et plus de 70 restent portées disparues. Quatre ans plus tard, les 30 et 31 juillet et le 1er août 2026, la même politique a provoqué une nouvelle catastrophe à Ceuta et Melilla : des dizaines de morts, des centaines de personnes disparues ou blessées et des milliers d’autres abandonnées à la violence, à la faim, à la soif et à l’absence d’abri.

Cet exode massif n’est pas une « invasion » et ne peut pas être réduit à l’action de réseaux de passeurs. Des milliers de jeunes Marocain·es ont risqué leur vie pour fuir la pauvreté, le chômage, la précarité, la hausse du coût de la vie, la dégradation des services publics et l’absence de perspectives, dans un contexte marqué par la restriction des libertés et la répression des mobilisations sociales. On ne répond pas à une crise sociale et politique par des arrestations, des prisons et des barrières.

À Ceuta et Melilla, des jeunes, des mineur·es, des femmes, dont des femmes enceintes, et des personnes originaires d’Afrique subsaharienne ont subi des violences, des mauvais traitements, des discriminations et des conditions indignes. Les bénévoles qui leur portent secours sont également victimes de pressions et de harcèlement. Au Maroc, des jeunes ont été arrêtés, poursuivis et condamnés à la suite des événements de Melilla. Certains ont reçu des peines de quatre à six mois de prison ferme, accompagnées d’amendes et, dans plusieurs dossiers, de lourdes condamnations financières. Cette répression doit cesser. Un jeune qui tente de partir n’est pas un criminel. Un enfant migrant n’est pas un délinquant. La solidarité n’est pas un crime.

L’Union européenne ne peut pas financer la militarisation de ses frontières, en déléguer le contrôle au Maroc et continuer à prétendre défendre les droits humains. Nous dénonçons le rôle de « garde-frontière » imposé au Maroc, l’instrumentalisation de la migration dans les relations entre le Maroc, l’Espagne et l’Union européenne, ainsi que les discours de l’extrême droite qui alimentent le racisme, la xénophobie et la haine. Les personnes migrantes ne sont ni une menace ni une monnaie d’échange. Elles ne sont pas responsables des crises sociales et politiques. Elles en sont les premières victimes.

Nous exigeons:

❖ L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes, transparentes et impartiales sur les morts, les disparitions et les violences commises à Ceuta et Melilla, ainsi que la publication intégrale de leurs conclusions.

❖ L’identification des corps, leur restitution digne aux familles et la prise en charge complète des frais de rapatriement.

❖ La création immédiate d’un mécanisme officiel d’information, de communication et d’accompagnement des familles des victimes et des personnes disparues.

❖ Le renforcement des moyens humains, financiers et logistiques nécessaires au sauvetage en mer et à la recherche des personnes disparues.

❖ La libération des jeunes et des mineur·es détenu·es à la suite des tentatives de franchissement, ainsi que la fin de la criminalisation de la migration.

❖ L’arrêt immédiat des violences policières, des refoulements et de toutes les pratiques d’éloignement contraires aux droits fondamentaux.

❖ La protection effective des mineur·es non accompagné·es, avec un accès garanti à l’hébergement, aux soins, à l’assistance juridique, à l’éducation et à la protection sociale.

❖ Le respect absolu du droit d’asile et l’accès effectif, individuel et sans discrimination aux procédures de protection internationale.

❖ La fin de toutes les discriminations visant les personnes migrantes en raison de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur nationalité.

❖ La fin de l’externalisation des frontières européennes et du rôle de « garde-frontière » imposé au Maroc par l’Union européenne.

❖ La révision en profondeur des politiques européennes de migration et d’asile, ainsi que le retrait de toutes les dispositions fondées sur la fermeture des frontières, la criminalisation, la dissuasion et l’externalisation, lorsqu’elles portent atteinte aux droits fondamentaux des personnes migrantes et des demandeur·euses d’asile.

❖ La création immédiate de voies sûres et légales de migration et de demande d’asile, afin que personne ne soit contraint de risquer sa vie en mer ou aux frontières.

❖ La fin de toute instrumentalisation de la migration à des fins de pression diplomatique ou politique dans les relations entre le Maroc, l’Espagne et l’Union européenne.

❖ La protection effective de toutes les personnes migrantes en Europe contre le racisme, l’islamophobie, les discriminations et les violences de l’extrême droite.

❖ La mise en œuvre au Maroc d’une véritable politique sociale garantissant la justice sociale, l’emploi, l’éducation, la santé, le logement, les libertés publiques et la dignité, afin que les jeunes ne soient plus contraint·es de risquer leur vie pour trouver ailleurs les droits et les perspectives que leur propre pays ne leur garantit plus.

❖ La fin immédiate de la répression visant les voix critiques, les militant·es, les défenseur·es des droits humains et les acteurs associatifs qui dénoncent les violations des droits des personnes migrantes.

Signataires:

Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) - Belgique

Progress Lawyers Network

Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH)

Amnesty International Belgique

INTAL

Front des Mères Rassemblement Des Rifains de Belgique

Comité Belge pour la libération de tous les détenus politiques au Maroc

Collecti.e.f 8 maars

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